Aux origines de nos cellules immunitaires : un outil pour Alzheimer
Des chercheurs du VIB ont réussi à recréer en laboratoire, à partir de cellules souches humaines, les toutes premières cellules mères à l’origine des défenses immunitaires de nos organes. Ce nouvel outil ouvre des pistes pour étudier des maladies comme Alzheimer.
Le rôle essentiel des cellules immunitaires
Chaque organe de notre corps est surveillé par des cellules immunitaires spécialisées, les macrophages. Elles vivent longtemps, éliminent ce qui est abîmé et aident l’organe à rester en bonne santé. Le foie, le cœur et les reins ont chacun les leurs. Dans le cerveau, on les appelle la microglie.
Ces cellules proviennent de cellules mères qui apparaissent très tôt, dans l’embryon. Chez l’humain, cette étape est presque impossible à observer, car les tissus embryonnaires sont très difficiles à étudier. Les équipes de Renzo Mancuso et de Bart De Strooper l’ont donc recréée en laboratoire, à partir de cellules souches humaines.
Pour vérifier que ces cellules se comportent comme les vraies cellules mères, les chercheurs les ont transplantées dans un organisme vivant. Elles ont rejoint plusieurs organes et s’y sont adaptées : dans le cerveau, elles sont devenues de la microglie, et dans le foie, le cœur et les reins, des macrophages propres à chacun de ces organes. Elles ont même adopté le fonctionnement des macrophages humains de chaque organe. C’est donc le milieu où elles arrivent qui leur indique quel rôle jouer.
« Ce qui est passionnant ici, c’est que nous pouvons désormais produire des cellules humaines qui non seulement ressemblent à celles du début du développement, mais qui se comportent aussi comme elles », explique Renzo Mancuso.
Nouvelle stratégie pour la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées
Dans la maladie d’Alzheimer, certaines cellules immunitaires du cerveau semblent ne plus remplir correctement leur rôle de surveillance et d’entretien. Pouvoir fabriquer ces cellules à partir de cellules de départ permettrait d’étudier ce qui se passe quand elles se dérèglent, et de tester si de nouvelles cellules pourraient un jour prendre le relais.
« Disposer d’un système qui nous permet d’étudier comment ces cellules se développent, s’adaptent et comment elles pourraient éventuellement être remplacées nous offre une nouvelle façon d’explorer leur rôle dans la maladie », souligne Bart De Strooper.
À plus long terme, les chercheurs veulent explorer si des cellules immunitaires abîmées ou défaillantes pourraient un jour être remplacées, notamment dans les maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou la démence frontotemporale.
« Chaque avancée dans la compréhension de ces cellules rapproche la recherche de nouvelles réponses pour les personnes touchées par la maladie. Grâce à ce type de projets et au soutien de nos donateurs, nous nous rapprochons chaque jour un peu plus d’un avenir où nous pourrons enrayer la maladie d’Alzheimer et trouver un traitement efficace », précise Kamar Bouchoucha, responsable scientifique de la Fondation Stop Alzheimer.