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Alzheimer et diabète : Une piste de recherche pleine d’enjeux

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Alzheimer et diabète : Une piste de recherche pleine d’enjeux

À l’Université libre de Bruxelles, l’équipe de recherche du Professeur Karelle Leroy étudie les liens entre la maladie d’Alzheimer et le diabète de type 2. Soutenus par Stop Alzheimer grâce à la générosité de ses donateurs, ces chercheurs explorent des mécanismes encore mal compris, mais essentiels pour mieux prévenir la maladie, mieux la comprendre et ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques.

Pourquoi le lien entre Alzheimer et diabète mérite-t-il aujourd’hui autant d’attention dans la recherche ?
Il existe plusieurs points communs entre la maladie d’Alzheimer et le diabète car ce sont toutes deux des maladies dégénératives plus fréquentes chez les personnes âgées. Avec le vieillissement de la population, le nombre de personnes touchées augmente fortement : on estime qu’il pourrait atteindre environ 1,3 milliard de personnes atteintes de diabète et 140 millions pour la maladie d’Alzheimer d’ici 2050 dans le monde. Malgré les avancées scientifiques réalisées dans le domaine de ces deux maladies, elles restent malheureusement toujours incurables.


Que sait-on déjà avec certitude sur cette association entre diabète de type 2 et maladie d’Alzheimer ?
Des études épidémiologiques ont montré que les personnes souffrant de diabète de Type 2 qui résulte d’une résistance progressive à l’insuline, l’hormone qui régule le taux de glucose dans le sang, ont deux fois plus de risque de souffrir de la maladie d’­Alzheimer et que quand ils développent cette dernière, la maladie progresse plus rapidement.


Quels mécanismes biologiques semblent aujourd’hui les plus impliqués dans ce lien ?
Plusieurs mécanismes ont été identifiés comme facteurs de risque tels que par exemple l’inflammation, l’hyperglycémie et l’intolérance à l’insuline.

En effet, dans le diabète de type 2, les patients développent des inflammations qui peuvent aggraver la maladie en affectant le fonctionnement neuronal. Et la même boucle négative existe dans la maladie d’Alzheimer.
Un second exemple est le glucose (le sucre). Le glucose est le carburant de notre corps et est donc indispensable surtout pour le cerveau qui en est le plus grand consommateur. Mais en de trop grandes quantités et durant trop longtemps, celui-ci peut devenir toxique et tuer les neurones.


Les chercheurs parlent parfois de “diabète de type 3” à propos d’Alzheimer. Que recouvre cette expression, et pourquoi reste-t-elle controversée ?
Le terme « diabète de type 3 » est une appellation encore non reconnue mais souvent utilisée par les chercheurs pour décrire la maladie d’Alzheimer. Il illustre le lien étroit entre le déclin cognitif et une résistance à l’insuline spécifique au cerveau qui empêche les neurones d’utiliser le glucose (le sucre) efficacement, ce qui perturbe la mémoire et l’apprentissage. Cependant, cela n’est pas un diagnostic médical officiel et constitue une appellation controversée car elle réduit la complexité de la maladie d’Alzheimer à une dysrégulation simple du glucose, alors que cette pathologie est multifactorielle.


Quelles questions restent encore sans réponse, malgré les avancées déjà obtenues ?
Dans des études épidémiologiques, plusieurs liens possibles ont été identifiés entre la maladie d’­Alzheimer et le diabète de type 2 mais aucun n’a encore été démontré scientifiquement dans des conditions expérimentales. Trouver les mécanismes exacts liant les deux maladies nous permettrait de mieux prévenir ces maladies mais aussi d’identifier des cibles précises pour leurs traitements.


Le diabète peut-il influencer l’apparition d’Alzheimer, son évolution, ou les deux ?
Il s’agit bien des deux; Chez les personnes atteintes de diabète, il a été démontré que cela augmente par 2 le risque de développer la maladie d’Alzheimer et que celle-ci évoluera plus vite. Par ailleurs, grâce à la Fondation Recherche Alzheimer, nous avons pu démontrer expérimentalement que les troubles métaboliques tels que la résistance à l’insuline et l’inflammation chronique, rencontrés dans le diabète aggravent la formation et la propagation des lésions nerveuses rencontrées dans un modèle préclinique de la maladie d’Alzheimer.


Les traitements du diabète peuvent-ils modifier le risque ou l’évolution de la maladie d’Alzheimer ?
Actuellement, aucune étude épidémiologique n’a montré d’effet des traitements anti-diabétiques sur la maladie d’Alzheimer chez l’homme. Cependant, peu d’informations sont disponibles quant au suivi de la médication par les patients ou à son impact réel sur les troubles métaboliques. Une étude pilote menée dans notre laboratoire semble montrer un effet néfaste d’un médicament utilisé pour traiter le diabète sur la formation des lésions nerveuses dans notre modèle préclinique de la maladie d’Alzheimer. Ce travail de recherche a, une fois encore, pu être lancé grâce au soutien de Stop Alzheimer et à la générosité de ses donateurs. Des études complémentaires doivent toutefois encore être réalisées afin de confirmer ces résultats et de vérifier si cet effet est similaire avec d’autres traitements du diabète.


L’alimentation et les habitudes de vie ouvrent-elles de vraies pistes de prévention pour agir sur certains facteurs de risque ?
Les habitudes de vies tels que l’alimentation et l’exercice physique sont des choses simples à modifier et qui peuvent avoir un impact réel sur le développement à la fois du diabète et de la maladie d’Alzheimer. En effet, une alimentation riche en graisse et sucre peut conduire à l’apparition de troubles métaboliques qui peuvent être régulés par un exercice physique régulier ou par le retour à un régime alimentaire équilibré.


Pourquoi faut-il intensifier les recherches sur ce sujet maintenant ?
Dans nos sociétés occidentales, on voit une nette augmentation des cas de diabète due à nos habitudes alimentaires, à notre sédentarité mais aussi au vieillissement de la population. On estime que d’ici 2050, le nombre de personnes diabétique pourrait doubler et ainsi aussi faire doubler le nombre de personnes atteinte de la maladie d’Alzheimer.


Que permettrait un soutien accru à la recherche dans ce domaine, pour les patients et leurs proches ?
Différents types de traitements existent pour réguler les troubles métaboliques rencontrés dans le diabète. Il est primordial d’évaluer l’effet de ces traitements sur les fonctions cognitives et la formation des lésions dans le cerveau. Cela permettra, à terme, de choisir un traitement médicamenteux qui pourrait être bénéfique à la fois pour le diabète et pour la maladie d’Alzheimer. Pour poursuivre ces recherches prometteuses et donner aux scientifiques les moyens d’aller plus loin, le soutien des donateurs de Stop Alzheimer reste plus que jamais essentiel.

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