Prévention et recherche : interview du Prof. Eric Salmon, neurologue et chercheur à l’Université de Liège
Depuis plus de 30 ans, Stop Alzheimer soutient la recherche menée en Belgique. Dans un contexte où les connaissances progressent rapidement, notamment sur les facteurs de risque et la prévention, cet engagement est plus essentiel que jamais. Nous avons rencontré le Prof. Eric Salmon, neurologue et chercheur à l’Université de Liège, pour comprendre pourquoi le soutien des donateurs est déterminant. Découvrez son interview.
Prof. Salmon, où en est aujourd’hui la recherche sur la maladie d’Alzheimer ?
Nous avons fait des progrès considérables sur le plan du diagnostic. Jusqu’en 2010, la confirmation certaine de la maladie d’Alzheimer ne pouvait être établie qu’après un examen post-mortem. Aujourd’hui, les outils cliniques et biologiques permettent de mieux identifier les marqueurs de la maladie, parfois avant même l’apparition des symptômes. En parallèle, les publications scientifiques se succèdent à un rythme soutenu, et nous comprenons de mieux en mieux les mécanismes de la maladie. Néanmoins, il reste beaucoup à faire pour comprendre l’interaction de ces divers mécanismes, et ce qui déclenche ou accélère l’évolution de la maladie.
On parle de plus en plus de prévention. Que sait-on réellement ?
On sait désormais qu’une partie importante des cas de démence pourrait être retardée, voire évitée, en agissant sur des facteurs de risque modifiables. Le rapport 2024 de la Commission du Lancet estime qu’environ 45% des cas pourraient potentiellement être prévenus ou retardés en ciblant 14 facteurs modifiables à différents moments de la vie, comme par exemple des facteurs de risque vasculaires, l’inactivité physique ou l’isolement social. Cela ne veut pas dire qu’Alzheimer se résume à un mode de vie, mais cela ouvre une perspective majeure : agir plus tôt, de façon plus ciblée et plus personnalisée.
Les facteurs non modifiables ont ils aussi leur importance ?
Absolument. Comprendre les facteurs non modifiables — comme l’âge, la génétique ou certaines vulnérabilités biologiques — reste crucial. Ces éléments nous aident à mieux identifier les personnes à risque, à comprendre pourquoi certains cerveaux deviennent plus fragiles que d’autres, et à orienter les stratégies thérapeutiques de demain.
Votre équipe au sein de l’Université de Liège travaille notamment sur le sommeil. Pourquoi est-ce un sujet important ?
Le sommeil est un domaine de recherche très intéressant, car il intervient dans plusieurs fonctions essentielles du cerveau. Il influence la mémoire, la récupération cérébrale et potentiellement certains mécanismes liés à la neurodégénérescence. À Liège, nous explorons ces liens pour mieux comprendre comment les perturbations du sommeil peuvent s’associer au risque cognitif et à l’évolution de la maladie. Ce type de recherche est précieux, car il relie des observations cliniques à des pistes biologiques concrètes.
Pourquoi le soutien de Stop Alzheimer est-il si important ?
Parce que la recherche a besoin de continuité. Depuis plus de 30 ans, Stop Alzheimer finance des projets menés en Belgique, permet à des équipes de qualité de poser de nouvelles questions, de tester de nouvelles hypothèses et de faire avancer la compréhension de la maladie, ce qui nous mènera vers de nouveaux traitements, plus efficaces. Sans ce soutien, beaucoup de travaux prometteurs n’existeraient tout simplement pas. Chaque don à Stop Alzheimer contribue à faire émerger les connaissances qui, demain, permettront de mieux prévenir, mieux diagnostiquer et mieux traiter la maladie.
Quel message souhaitez-vous adresser aux donateurs ?
Leur soutien n’est pas abstrait : il se traduit en études, en données, en avancées concrètes. Ils participent directement à un effort collectif qui, au fil du temps, change le cours de la maladie.