Des chercheurs belges révèlent un rôle inattendu des cellules immunitaires du cerveau dans la maladie d’Alzheimer
Une étude menée par le VIB et la KU Leuven, avec le soutien de Stop Alzheimer, montre que certaines cellules immunitaires du cerveau ne se contenteraient pas d’éliminer les plaques amyloïdes associées à la maladie d’Alzheimer, mais participeraient aussi à leur formation. Une découverte cruciale !
Les principales cellules immunitaires du cerveau, connues sous le nom de microglies, ne se contenteraient pas d’éliminer les plaques amyloïdes dans la maladie d’Alzheimer, mais participeraient également activement à leur formation. C’est ce qui ressort d’une nouvelle étude menée par le VIB et la KU Leuven, publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), l’une des publications scientifiques les plus prestigieuses au monde.
Un équilibre plus complexe qu’on ne le pensait
Les microglies, ces cellules immunitaires spécialisées du cerveau, ont longtemps été considérées comme essentiellement protectrices, leur rôle principal étant d’éliminer les protéines nocives telles que la bêta-amyloïde. Selon cette nouvelle étude, elles pourraient toutefois, dans certaines circonstances, contribuer elles-mêmes à la formation des plaques amyloïdes, un marqueur clé de la maladie d’Alzheimer.
Frédéric Rousseau, professeur à la KU Leuven et co-auteur de l’étude, explique :
« Nous avons observé que les structures amyloïdes formées par les cellules ressemblent beaucoup à celles retrouvées dans les cerveaux des patients. Cela suggère que les microglies, tout en tentant de nettoyer le cerveau, pourraient aussi jouer un rôle involontaire dans la formation de nouvelles plaques. Ce constat nous aide à développer de meilleurs modèles pour étudier la maladie et, à terme, trouver des pistes de traitement. »
Son collègue Joost Schymkowitz, également professeur à la KU Leuven et co-auteur, ajoute :
« Beaucoup d’études partaient du principe que les microglies ne faisaient qu’éliminer les plaques. Nos résultats montrent que leur rôle est en réalité bien plus nuancé et potentiellement double. »
Importance pour les recherches futures
On estime qu’à l’échelle mondiale, près de 55 millions de personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Dans 70% des cas, il s’agit de la maladie d’Alzheimer. Cette maladie se caractérise notamment par l’accumulation de plaques amyloïdes dans le cerveau, provoquant à terme des lésions des cellules nerveuses et un déclin cognitif.
Selon notre Fondation Stop Alzheimer, dédiée à la Recherche sur Alzheimer, ces résultats montrent combien la recherche fondamentale reste cruciale pour mieux comprendre la maladie.
Lucie Leroux, responsable de la Fondation, précise : « En comprenant mieux comment se forment les plaques amyloïdes, les chercheurs peuvent développer des traitements qui s’attaquent à la maladie dès ses premiers stades. Ce type d’étude jette les bases des thérapies de demain. »
De nouveaux modèles pour la recherche sur Alzheimer
Les chercheurs démontrent également que les microglies peuvent générer en laboratoire des structures amyloïdes très proches de celles observées chez les patients. Ces résultats ouvrent la voie à des modèles expérimentaux plus réalistes, permettant aux scientifiques de mieux comprendre la formation des plaques et de tester de nouvelles approches thérapeutiques.