La ménopause précoce est-elle un signal d’alerte pour Alzheimer ?
Depuis plusieurs années, le constat reste stable, les femmes restent plus touchées par la maladie d’Alzheimer que les hommes. Ce sujet d’ampleur mondiale a largement été abordé à l’AAIC (Alzheimer’s Association International Conference). Plusieurs équipes se sont penchées sur les facteurs propres aux femmes, comme les bouleversements hormonaux de la ménopause.
Indépendamment de l’âge chronologique, plusieurs travaux ont montré que le vieillissement du cerveau s’accélère autour de la période de la ménopause. En effet, les analyses de sang montrent que les personnes ménopausées présentent une augmentation des protéines liées à la maladie d’Alzheimer. Les équipes de recherche, qui ont étudié 4 grandes cohortes internationales de volontaires, observent aussi qu’il y a un lien avec le déclin cognitif. Ce lien est d’autant plus marqué chez les femmes porteuses du gène ApoE4 reconnu comme facteur de risque génétique de la maladie.
Un résultat retient particulièrement l’attention. La précocité de la ménopause chez les femmes semblerait être davantage associée à une progression rapide vers un diagnostic d’Alzheimer chez certaines femmes. En effet, les chercheurs découvrent une corrélation entre la période de ménopause et le déclin cognitif. En comparant des femmes ayant déjà des signatures Alzheimer élevées, celles ménopausées avant 50 ans déclinent cognitivement plus vite que celles ménopausées plus tard.
La ménopause précoce est un signal d’alerte plutôt qu’un facteur risque universel
Il y a une nuance importante à prendre en compte. Les résultats obtenus par les recherches laissent plutôt penser que la ménopause précoce n’est pas un facteur de risque pour tout le monde. Elle représente surtout un signal qui pourrait aggraver une vulnérabilité qui est déjà présente particulièrement chez certaines femmes. Pour les femmes qui ne portent pas de marqueurs biologiques ou génétiques de risque Alzheimer, l’âge de la ménopause ne semble faire aucune différence. Cela concerne donc principalement les femmes qui présentent des marqueurs associés au risque de développer Alzheimer.
Actuellement, il n’y a pas encore de résultats concluants sur les bénéfices des traitements hormonaux contre la maladie d’Alzheimer. Les scientifiques sont partagés car les résultats dépendent du type de traitement, de la cohorte étudiée, et du moment où le traitement hormonal a été débuté. Toutefois, plusieurs équipes prévoient d’approfondir la question.
La santé des femmes devient enfin une vraie priorité de recherche
Ce sujet lié à la santé des femmes a longtemps été négligé alors que les femmes représentent presque deux tiers des personnes touchées par la maladie d’Alzheimer dans le monde. Lors de la dernière conférence de l’AAIC, qui est la plus grande conférence scientifique mondiale sur Alzheimer, plus d’une vingtaine d’études ont été mises en avant sur les spécificités hormonales féminines et la ménopause. C’est une bonne nouvelle que davantage de moyens soient donnés pour mieux comprendre, mieux accompagner et mieux cibler la prévention.
En attendant que la recherche affine ces pistes, les grands principes de prévention déjà bien établis restent valables : bouger régulièrement, bien dormir, surveiller sa tension, entretenir des liens sociaux et une alimentation équilibrée. Mais surtout, ne pas hésiter à parler de ses symptômes de ménopause avec son médecin, plutôt que de les minimiser ou de les subir en silence, c’est l’un des gestes les plus simples et les plus utiles à poser dès maintenant.
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