Identifier des capacités préservées pour mieux comprendre les troubles du comportement
Présentés ce lundi 21 septembre à Bruxelles, les travaux du Prof. Laurent Lefebvre, recteur élu de l’Université de Mons, ouvrent des pistes concrètes pour adapter la communication et l’accompagnement des personnes vivant avec Alzheimer.
À première vue, une personne qui déambule sans cesse, refuse un soin ou se montre agressive « pose un problème ». Mais si ce comportement était aussi une manière de communiquer ? Une douleur, un besoin de sécurité, de l’ennui, de l’anxiété ou une difficulté à s’exprimer peuvent parfois se cacher derrière ces manifestations.
À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, ce lundi 21 septembre, le Prof. Laurent Lefebvre, recteur élu de l’Université de Mons, présentait à Bruxelles une recherche financée par la Fondation Stop Alzheimer. Ses travaux montrent l’intérêt d’identifier les capacités exécutives encore préservées chez les personnes vivant avec Alzheimer, afin de mieux comprendre les troubles du comportement et d’adapter les échanges ainsi que l’accompagnement.
Agitation, opposition, agressivité, anxiété, déambulation, hallucinations ou difficultés de communication : ces troubles peuvent lourdement affecter la personne malade et son entourage. Ils compliquent aussi les soins, fragilisent les relations et peuvent accélérer la perte d’autonomie.
Un comportement peut être un message
Ces troubles ne doivent pas nécessairement être considérés comme de simples symptômes à faire disparaître. Ils peuvent traduire un besoin non satisfait, un inconfort ou une émotion que la personne ne parvient plus à exprimer avec des mots.
« Un comportement peut être une manière de communiquer un besoin lorsque la personne ne parvient plus à l’exprimer autrement. Comprendre ce qui se trouve derrière l’agitation, l’opposition ou l’agressivité peut aider à adapter la communication et le contexte d’accompagnement », explique le Prof. Laurent Lefebvre, recteur élu de l’Université de Mons et lauréat de Stop Alzheimer.
Repérer les capacités préservées
Les travaux de l’équipe montoise s’intéressent notamment aux fonctions exécutives : des processus cognitifs qui permettent de s’adapter, de planifier, d’inhiber une réaction ou de passer d’une idée à une autre.
Dans la maladie d’Alzheimer, ces fonctions peuvent être altérées, mais certaines capacités restent préservées. Leur identification peut fournir des indications utiles sur la manière dont la personne communique, réagit à son environnement et peut encore être mobilisée dans les échanges.
La recherche s’appuie notamment sur ExEcoLang Scan, un outil d’évaluation du fonctionnement exécutif. À partir d’un enregistrement de discours semi-spontané, il analyse certains marqueurs du langage afin d’établir un profil individualisé.
L’objectif est de mieux comprendre les processus cognitifs susceptibles de contribuer aux troubles du comportement et d’identifier des leviers d’accompagnement : simplifier les échanges, adapter le rythme, ajuster les attentes ou créer un contexte émotionnel plus favorable.